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giovanni bosco

Né en 1948, le sicilien Giovanni Bosco – d’abord berger puis ouvrier dans une carrière de marbre – sombra dans la psychose à la suite de l’assassinat de ses frères par la mafia. L’institution psychiatrique et la prison à laquelle il fut condamné un an, ne lui ôtèrent ni son sourire désarmant, ni sa propension à transformer son existence démunie en un acte de poésie pure.
À Castellamare del Golfo, près de Palerme, ses journées furent alors rythmées par les chansons populaires napolitaines et les peintures d’une inventivité rare qu’il exécutait sur les murs de sa ville ou sur des matériaux de fortune. Au moment où son génie est enfin reconnu, il est emporté par un cancer en 2009.
Ce qui frappe de prime abord, dans cet œuvre, c’est qu’il ne semble débiteur d’aucune influence, échappant, de fait, à tout rapprochement hasardeux. « Bosco était traversé par la pensée visuelle » écrit Eva Di Stefano, une façon de souligner que la complexité et l’originalité de ses réalisations trouveraient leur seule source dans les arcanes inextricables de sa psyché.
Ses compositions irriguées de rouge et savamment agencées, ses coq-à-l’âne formels, ses homoncules hybrides, ses avatars musculeux, ses membres votifs, ses glissements du glyphe à l’organique, et réciproquement, finissent par y égrener l’alphabet d’une langue secrète, intime. Un peu comme si l’on assistait à un soliloque graphique de la plus haute intensité. Giovanni Bosco, en mélancolique dottore di tutto – comme il se qualifiait lui-même – accablé de tous les malheurs, avait trouvé dans l’art un remède absolu.

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