L’engagement violent féminin : comparaison de contournements discursifs sous le nazisme et sous l’État Islamique

SangarClement L'engagement violent féminin : comparaison de contournements discursifs sous le nazisme et sous l'État Islamique

Cette communication a été prononcée  dans le cadre du colloque intitulé « Les discours meurtriers aujourd’hui » qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 23 au 30 juillet 2018, sous la direction de Laurence AUBRY, Gabriela PATIÑO-LAKATOS et Béatrice TURPIN.

Présentation des intervenants

Maéva Clément est chercheure et assistante d’enseignement à l’Institut de politique internationale de l’Université Helmut-Schmidt d’Hambourg. Ses recherches portent sur les émotions collectives et le rapport à la violence politique. Elle s’intéresse aux organisations islamistes en Europe occidentale et leurs visions politiques à l’international. Ses travaux allient science politique, psychologie sociale, sociologie et littérature. Spécialisée dans l’analyse discursive et narrative, elle a récemment coédité un ouvrage collectif sur les approches méthodologiques dans l’étude des émotions en relations internationales.

Éric Sangar, chargé de recherches FNRS à l’Université de Namur, est chercheur associé au Centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Actuellement, il travaille sur le rôle des ONG dans les discours médiatiques autour des conflits armés, sur les stratégies de la mobilisation émotionnelle dans la justification de la violence et sur l’impact des conflits mémoriels au sein des sociétés sur les politiques étrangères. Sa thèse, publiée en 2013, portait sur les usages des expériences historiques par les armées britannique et allemande pendant la guerre en Afghanistan entre 2001 et 2012.

Résumé de la communication

Comment les femmes engagées dans les univers idéologiques fondés sur la violence hyper-masculine justifient-elles leur participation active?
Cette communication visera à comprendre l’interaction discursive entre idéologies meurtrières patriarcales et l’engagement de femmes voulant affirmer leur autonomie d’action sans pour autant mettre en question les fondements de ces idéologies. Il s’agira donc d’explorer les stratégies de contournement discursif qui sont structurées, d’une part, par les ambitions et identités individuelles et collectives de ces femmes, et d’autre part par les fenêtres d’opportunités provoquées par les besoins pratiques et les contradictions internes au sein des contextes totalitaires valorisant l’hyper-masculinité.
Après avoir expliqué pourquoi les discours de légitimation de la violence ont généralement une tendance vers la valorisation de l’hyper-masculinité — et donc vers une marginalisation des femmes en tant qu’actrices au sein de ces univers — notre contribution compare deux contextes idéologiques concrets: les univers du nazisme et de Daesh. Nous chercherons à reconstruire l’engagement violent de femmes sous le nazisme et sous Daech recroisant celui-ci avec d’une part, le positionnement officiel des institutions totalitaires concernant le rôle des femmes et, d’autre part, l’évolution des pratiques concrètes des femmes à l’intérieur desdits régimes.

Conférence proposée par Canal U, plus d’info sur le site de Canal U




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