Art In Cité, Réflexion sur l’association œuvre, ville et habitants

Cette communication a été enregistrée lors d’une séance du séminaire interdisciplinaire La ville en partage de la MRSH.

C’est en découvrant le graffiti à 14 ans que Matthieu Martin entre dans le processus de création. Une pratique au sein de l’espace urbain qui posera les premiers repères de son parcours singulier. En 2009, la répression grandissante des graffitis et leur recouvrement systématique par les services municipaux poussent alors l’artiste à délaisser l’aérosol pour documenter minutieusement ce processus, donnant ainsi naissance à la série Cover Up. S’ensuit de nombreux voyages en Europe mais aussi en Amérique du Nord, où il étudie plusieurs mois au Sheridan College of Arts de Toronto, pendant lesquels il continue de développer intensément cette série de photographies sur la répression des graffitis.
Matthieu Martin travaille essentiellement In Cité, c’est à dire en lien direct avec l’espace urbain où ses œuvres sont conçues. Il dispose également d’un atelier à Berlin ainsi qu’à Bayeux, en Normandie.
En 2018, il débute une thèse au sein du programme RADIAN (Recherches en Art, Design, Innovation, Architecture en Normandie) visant à repenser le processus création au sein de l’espace urbain, projet auquel il se consacre actuellement en raison de la pandémie de Covid-19.

Lors de l’inauguration de la commande publique dans le quartier sensible de la Grand Mare à Rouen, la ministre de la Culture de l’époque, Fleur Pellerin, évoquait une « participation inédite des habitants ». En effet depuis plusieurs années, la production artistique se justifie via des mécanismes participatifs, cherchant à intégrer les usagers via des processus qu’il s’agira de décrypter. Comment associer les habitants ? Comment les représenter, sur quoi peuvent-ils intervenir ? Pris dans les contraintes de cahiers des charges très contraignant, les habitants tout comme les artistes ne disposent que de marges de manœuvre réduites, intervenant le plus souvent à la fin de processus ou tout à déjà été décidé, ce qui fut particulièrement le cas à Rouen.
En encadrant à ce point les interventions des artistes on se prive de l’imaginaire que ceux-ci peuvent amener et donc de toute possibilité de changement. Ce type de processus amène à une défiance envers les institutions (Marc Blondiau, 2021), qui, peu à peu amène à une réduction de l’espace public. Réduction qui sert de point de départ à mon travail plastique. (Voir ma série Cover Up) Parce que l’art à la capacité d’ouvrir notre espace de pensée, notre imaginaire, il ne doit pas être une réponse à une situation donné mais une question, ce que nous verrons au travers une série de projet documenté et faisant référence aux contextes urbains évoqué par les intervenants précédents.

Conférence proposée par Canal U, plus d’info sur le site de Canal U




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