L’art brut en miroir de l’art contemporain

Cette communication a été enregistrée dans le cadre du colloque intitulé De quoi l’art brut est-il le nom ? qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 18 au 22 mai 2022, sous la direction de Christian BERST et Raphaël KOENIG.

L’art brut demeure sans doute un des derniers grands impensés de l’art. Même si — comble du paradoxe pour un art que Jean Dubuffet voulait « épris d’obscurité » — celui-ci est plus que jamais sous les feux de la rampe, de la Biennale de Venise au Musée Guggenheim en passant par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le MoMA, il ne cesse de susciter interrogations, émerveillements, et remises en cause.

Preuve de la capacité sans cesse renouvelée d’œuvres « hors-norme », créées par des artistes évoluant le plus souvent dans une altérité sociale ou mentale, de chambouler « l’horizon d’attente » de leurs spectateurs, introduisant ainsi un ferment disruptif au sein des mécanismes de création, de validation et d’exposition du monde de l’art…

Bruno Dubreuil interroge les œuvres et les pratiques artistiques (notamment la photographie). Ses analyses sont nourries par sa propre pratique ainsi que par les échanges survenant dans ses ateliers de création ou d’esthétique (Une autre histoire de l’art, Gie Binome). Ces réflexions se prolongent au travers d’expositions qu’il conçoit (Immixgalerie, Paris) et sur la revue en ligne qu’il a créée : viensvoir.oai13.com. Plusieurs chroniques y traitent de l’art brut. Il a publié dans Brut Now, l’art brut au temps des technologies. À venir : « Quand les images prennent le pouvoir » dans Photo Brut #2, parution septembre 2022.

Résumé de la communication

Il y aurait deux façons de considérer l’art brut : la première consisterait à le circonscrire au moment historique de son invention par Jean Dubuffet et à le maintenir à l’intérieur du champ esthétique et conceptuel tracé par les critères définis. Ce qui serait la plus sûre façon de l’anesthésier et d’en limiter la portée. La seconde viserait à considérer l’art brut comme une force agissante, porteuse d’attitudes et de pratiques capables d’innerver, à chaque époque, l’art de son temps. L’art brut finirait alors par occuper une sorte de fonction dans le paysage artistique contemporain: celle de contribuer à contrebalancer un geste artistique qui se conformerait d’avance au contexte social, culturel et économique qui va en conditionner la réception. Face à une pensée artistique alors menacée de devenir une rhétorique appliquée, l’art brut reste cette forme d’incarnation du territoire infini du risque.

Conférence proposée par Canal U, plus d’info sur le site de Canal U




Leave a Reply

Your email address will not be published.


Comment


Name

Email

Url