Wonderland – Julia Scher

Commissaire en résidence : Elsa Vettier

Entre 1996 et 1997, sept enfants posent devant l’appareil photo de Julia Scher. Leurs prénoms figurent sur les uniformes roses dont iels sont revêtu·e·s : Lena, Grace, Andy, Andre, Brandon, Jodi et Zoë. Certain·e·s brandissent des matraques ou des caméras, d’autres se contentent de fixer l’objectif avec un air de défiance. Dans les mois qui suivent, Julia Scher agrandit ces images et les intègre à une installation qui évolue au fil des années et de son itinérance : 1997, Chicago ; 1998, New York ; 2000, Bordeaux ; 2019, Berlin.

Le principe reste le même : un petit bureau de contrôle à l’échelle des enfants entouré de miroirs déformants baigne dans une ambiance lumineuse violette. La voix enregistrée de l’artiste avertit le public : « Il y a des caméras qui vous filment […] Attention. Votre taille pourrait changer ». Ici Wonderland, le pays des merveilles, un monde à l’envers où les enfants surveillent les adultes forcés de se voir régresser dans le reflet des miroirs.

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Wonderland de Julia Scher
© Galerie Esther Shipper

Cet environnement multimédia de Julia Scher où les enfants font figure d’autorité joue sur le contexte de la Maison Populaire dont les adhérent·e·s sont en grande partie des enfants encouragé·e·s à laisser leurs parents sur le pas de la porte et où les adolescent·e·s sont considéré·e·s comme des adultes à partir de 13 ans. Créée pour les enfants, Wonderland parodie le rapport des adultes à la protection, la menace, et leur propre infantilisation dans des contextes de surveillance.

Wonderland est le deuxième volet du cycle d’expositions et d’événements The Artificial Kid.

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