La médecine moderne entre hyperpuissance et désillusions

AnneLaureBOCHOk La médecine moderne entre hyperpuissance et désillusions

Cette communication a été enregistrée  dans le cadre du colloque intitulé Psychanalyse et médecine, entre corps et langage  qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 21 au 28 août 2021, sous la direction de Martine DOMBROSKY, Agnès DUTHOIT, Houchang GUILYARDI, Josette OLIER, Geneviève VIALET-BINE.

Dans le livre Qu’est-ce que le corps pour la psychanalyse ? nous pouvons lire sous la plume du Dr. Houchang Guilyardi que « Le corps ne ment pas, sous-entendant que, à travers ses organes éprouvés, le corps énonce une vérité du sujet, invisible à la conscience ». Un tourbillon secoue en permanence les mondes de la médecine et de la psychanalyse. Deux mondes qui se côtoient depuis plus d’un siècle, depuis que Freud et les analystes freudiens posèrent la question de leurs relations : Ferenczi pensait que « pour la médecine, divisée en tant de spécialités, la psychanalyse est une bénédiction, car elle recommande, dans toute forme de maladie, de traiter le malade aussi bien que la maladie ». La pratique médicale travaille à la disparition du symptôme en tant que dysfonctionnement organique, la psychanalyse, quant à elle, considère le symptôme comme porteur de la vérité du sujet. De quelles complexités inconscientes les corps tentent-ils de s’extraire en multipliant symptômes, passages à l’acte, actes manqués et maladies ? Patients, médecins, psychanalystes parlent-ils du même corps ?

Anne-Laure Boch est neurochirurgien, docteur en philosophie, praticien hospitalier, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Résumé de la communication

La médecine moderne est formidable. Mais… Il semble qu’il y ait un mais ! Ce mais est à l’origine de l’immense questionnement de l’éthique biomédicale, qu’on peut résumer de la sorte : « La médecine soigne-t-elle bien l’homme ? ». Dans cette phrase, « bien » peut être entendu sous l’acception de « correctement ». De façon plus angoissante, on peut aussi se demander si c’est bien « l’homme » que soigne la médecine moderne. Analysé, objectivé, réduit à un tas moléculaire ou à un réseau de neurones, ce à quoi la médecine apporte tous ses soins est-il encore digne de tant d’efforts, de tant d’amour ?

Conférence proposée par Canal U, plus d’info sur le site de Canal U




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